mercredi 30 avril 2014

pas de légumes le 6 mai ni le 20 mai

Il n'y aura pas de légumes le 6 mai.
Je vous donne à lire ci-dessous une petite réflexion à laquelle s'est livrée Hélène Espigat, notre correspondante privilégiée des AMAP servies par Aurore et Philippe.
Josiane
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Je vous propose en PJ une petite réflexion sur le prix des légumes, le prix des paniers et d'éventuelles compensations pour les 4 paniers qui n'ont pas été  livrés.
C'est une réflexion personnelle, que j' ai quand même soumise d'abord à Aurore et Philippe, par principe.
De leur côté ils font tout pour "compenser" les décicits, mais je vois bien que c'est très dur et de toute façon, tout dépendra de l'évolution du climat.
Ils sont donc très heureux de voir que des citadins s'intéressent  à leur problématique, leur font confiance, tentent de relativiser les entraves aux prévisions et engagements et se demandent ce que veut réellement dire dans nos contrats "solidarité avec les producteurs".
Après avoir appris à cuisiner les légumes, il faudra penser aussi à conserver ceux que nous aurons eu en excédent, pour les jours moins favorables.
Cordialement
HélènE
PS :  après l'avoir lu, Aurore a conclu par cette citation de Henri Dunant :
"les fous sont les seuls à penser qu'ils peuvent changer le monde... et ils y arrivent !"

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copie de la PIECE JOINTE
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Certains d'entre vous commencent à se dire : « voilà 4 paniers « perdus », 4 paniers qu'on a payés et qu'on ne nous a pas livrés », à se demander si c'est bien normal, et à se demander si cela vaut « le coût » de continuer dans notre système.

Avant de fermer la porte avec le désagréable sentiment de vous être fait avoir, veuillez lire ces quelques lignes s'il vous plait, et tenter de répondre à certaines de nos questions.

Tout d'abord, pensez-vous qu'à superficie égale, la production de légumes est quantitativement identique toute l'année ? Pensez-vous que toutes les années se suivent  et se ressemblent ? C'est-à-dire que s'il y a plus de légumes en septembre qu'en juin cette année, cela se reproduira à l'identique tous les ans ? Evidemment c'est non, car en plus des facteurs climatiques, il y a des facteurs biologiques (parasites...), et bien d'autres encore.

Alors, pourquoi proposer un prix identique pour TOUS les paniers (12 € pour les grands, 7 € pour les petits) ? C'est qu'il faut comprendre qu'il s'agit d'un prix moyen. En fait, nous achetons à l'avance une part de la production annuelle, part qui correspond aux besoins de notre foyer. Cette « part » est payée à l'avance certes mais en douze mensualités pour assurer des rentrées régulières d'argent sur les comptes des producteurs. Part elle-même livrée a priori en 48 paniers si tout va comme sur des roulettes et parce qu'il est impossible de prévoir quels mois seront abondants, quels mois seront déficitaires en production.

La plupart du temps, nos maraichers essaient toutefois de faire « coller » le contenu du panier sur son prix moyen. Mais comment ? Qui décide du prix des carottes, de la mâche ou des betteraves ?
Le supermarché du coin ? Une bourse quelque part ? Vous-mêmes en vous basant sur le moins cher que vous avez trouvé dans votre environnement ?
Et puis les carottes « industrielles » produites en monoculture sur plusieurs hectares, avec ou sans produits chimiques phytosanitaires, venues de loin, récoltées 10 jours avant, ont-elles les mêmes qualités qu'une carotte produite à proximité, sur une terre vivante où l'année d'avant il y avait des poireaux et où l'année suivante il y aura des radis et qui a été récoltée  au plus tard la veille de sa livraison ? Toutes les carottes n'ont pas la même valeur !

Le prix de NOS carottes est calculé par NOS maraichers, en fonction des coûts de production, achat des amendements et graines, temps passé à préparer la terre, à planter, soigner, récolter, temps d'occupation des terres, paiements en conséquence de la main d'œuvre et des charges sociales, sans compter l'amortissement du matériel. Les méthodes de culture et les prix sont étudiés pour que les légumes restent accessibles au plus grand nombre.

Faisons un petit calcul : 12€ x 48 = 576 €  et 12,26 € x 47 = 576,22 €  cela veut dire que la « perte » d'un grand panier peut être compensée par environ  26 centimes de marchandises en plus sur les 47 autres (pour un petit c'est 11 centimes).
Vous apercevez-vous vraiment s'il y a 26 centimes de marchandises en plus dans un panier ?
Bon, d'accord pour 4 paniers, ce sera un peu plus d'un euro.

Mais là encore, selon les critères énumérés, les coûts pour un même légume ne sont pas les mêmes toute l'année et vous savez bien que sur les marchés les prix d'un même légume, chez un même producteur, varient selon la saison, les difficultés rencontrées etc... Planter à la main dans la boue, récolter sous une pluie battante, racheter des graines quand les premières ont pourri dans le sol, entre autres « difficultés », ne méritent-ils pas quelque petite compensation ?

Où commence et où s'arrête notre solidarité ?
Nos maraichers sont de très bons professionnels et qui s'améliorent chaque année tant dans la réussite des cultures que dans la  diversification. Ils ont la passion de leur métier, ils sont convaincus, au moins autant que nous, de la nécessité de préserver les terres et l'environnement.
Leurs résultats sont immanquablement dépendants de Dame Nature malgré toutes les anticipations subtiles qu'ils arrivent à faire.
Ils souhaitent nous satisfaire car nous possédons l'arme fatale de ne pas renouveler nos contrats.
Mais alors serons-nous heureux d'avoir « perdu » un couple de bons maraichers à la lisière de notre agglomération ? Où trouverons-nous des légumes de qualité équivalente ?
Le consommateur est roi. Mais le consommateur, par ses choix, peut décider de la qualité des produits qu'il veut manger, de la nature de l'agriculture et des paysages qu'il souhaite voir se développer dans son environnement.
Merci de votre lecture attentive.
HE

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