lundi 1 février 2010

CONFERENCE BIO DU 19 JANVIER 2010

COMPTE-RENDU DE LA CONFERENCE BIO DU 19 JANVIER 2010

Lieu IUT Michel Montaigne
Public Amphi bien garni composé par une majorité d’étudiants

Intervenants

Marc DUFUMIER : directeur de l’UFR Agriculture comparée et développement agricole à Agro-Paris Tech.
Paul ROBIN : directeur de recherches à l’Inra
Claude Marie VADROT : Journaliste à l’hebdomadaire Politis.
Aurore SOURNAC : Notre productrice légumes
Cédric BRUN : Enseignant-chercheur en philosophie

THEME Labels BIO : garantie ou marketing ?

Petit rappel historique de l’agriculture BIO

Jusqu’en 1840 l’agriculture ne faisait pas appel aux apports chimiques.
L’agriculture BIO est née en France de l’initiative d’agronomes, de médecins, d’agriculteurs et de consommateurs dans les années 1920. Ils ont généré de nouveaux courants de pensée reposant sur des principes éthiques et écologiques.
A l’approche des années 1970 d’importants changements sociologiques et l’émergence de courants contestataires et alternatifs favoriseront le mouvement écologique moderne. C’EST LE RETOUR A LA TERRE.
En 1981, les pouvoirs publics français reconnaissent officiellement l’agriculture biologique.
Depuis le début des années 1990, la demande en produits BIO est en augmentation, la reconnaissance grandissante du grand public les fera sortir d’une certaine marginalité.

L’agriculture biologique aujourd’hui

Près de 12000 exploitations agricoles françaises sont engagées dans l’agriculture biologique. La surface occupée par ces exploitations ne représente que 2% de la surface agricole. Le grenelle de l’environnement a acté de multiplier par trois la surface agricole cultivée en bio d’ici 2012 pour parvenir à 6 % des surfaces agricoles utilisées. Si cet engagement est tenu, ce sera un progrès, mais l’engouement des français pour le BIO, (presque un français sur deux consomme au moins une fois par mois des produits issus de l’agriculture biologique) oblige la France à importer. L’Allemagne, très en avance sur notre pays en agriculture biologique est l’un de nos principaux fournisseurs.

L’enjeu économique des produits BIO

La demande des consommateurs vis-à-vis des produits biologiques étant en croissance, la filière biologique a du mal à s’adapter à cette évolution rapide du marché.
La vente à la propriété et les AMAPS, sont les meilleurs garants de la distribution de produits locaux et de denrées de qualité. Les magasins « BIOCOOP » ont également adopté une méthode de fonctionnement basée sur l’utilisation de produits locaux.
Attention d’autres enseignes ont vu le jour, la grande distribution a également ses rayons BIO, la production locale n’est pas privilégiée, les produits sont importés, donc producteurs de CO2 néfaste pour l’environnement. La labellisation BIO dans certains pays est moins exigeante qu’en FRANCE.
Du coté des agriculteurs, Aurore SOURNAC a bien expliqué que la conversion BIO était très lourde en démarches administratives, son partenariat avec les AMAPS était un tournant très positif dans sa carrière qui à ses débuts faisait la risée de ses collègues maraîchers, lesquels aujourd’hui commencent à revoir leur position. Sa détermination et son gout du métier qu’elle a très bien développés ont été très appréciés par le public et les autres orateurs.
Une autre productrice de St André De CUBZAC nous a fait part de sa difficulté d’agrandir sa surface d’exploitation pour répondre à la demande en BIO, les terres qui deviennent libres à proximité sont généralement récupérés par des éleveurs.
Aurore SOURNAC lui indique que sur son secteur d’EYSINES deux tiers des surfaces agricoles ne sont pas exploitées, sa collègue souhaitant avoir ses locaux d’exploitation et son domicile près de ses cultures n’envisage pas de traverser la Garonne.
Les maraîchers et les producteurs de fruits n’ont pas accès aux subventions de la PAC, seuls les céréaliers et les éleveurs en bénéficient. Le souhait des intervenants, c’est que ces subventions soient réorientées vers les producteurs de fruits et légumes respectant des critères de production saine.

La labellisation BIO

C’est une démarche volontaire contraignante et couteuse pour les agriculteurs, qui apporte une excellente notoriété auprès des consommateurs de plus en plus sensibles à l’environnement et aux risques alimentaires pour leur santé.
Plusieurs labels se réclamant du BIO existent. Pour les produits alimentaires seul le label AB est géré par les autorités publiques (ministère de l’agriculture et de la pêche) ce label est attribué et contrôlé par des organismes indépendants (ECOCERT, AGROCERT, SOCOCERT…..) eux-mêmes accrédités et contrôlés par le COFRAC. (Instance nationale d’accréditation).
Un aliment biologique est produit selon des méthodes respectueuses de l’environnement, détaillées par une règlementation. Les OGM sont proscrits.
-Végétaux : par de recours aux pesticides et engrais chimiques, rotation des cultures.
-Animaux : élevage extensif et non intensif, aliments biologiques essentiellement (90%).
-Produits transformés : 95 % au moins des ingrédients utilisés doivent être issus de l’agriculture biologique. Exemple le vin.
Pourquoi 95%, parce qu’on ne peut pas garantir à 100% que les produits ne seront pas contaminés par des OGM.
Le cahier des charges du label AB impose un mode production agricole durable. Il s’inscrit dans la politique agricole commune qui prévoit que « le développement durable doit concilier la production de denrées alimentaires, la conservation de ressources limitées et la protection du milieu naturel, de manière à pouvoir répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des futures générations à répondre à leurs propres besoins ».
L’Union Européenne veut uniformiser les règles de production de la filière bio. Le logo Européen entrera en vigueur en juillet 2010, il indiquera que 95% des ingrédients sont issus de l’agriculture biologique, mais que contrairement au label AB il pourra contenir jusqu’à 1% D’OGM. Le label AB devra s’aligner sur cette même définition.

G. SEBIE

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